Altopascio, stop de deux jours. Petite ville où il n’y a trop rien à voir, trop rien à faire. L’endroit parfait pour ne surtout pas bouger. À noter que nous sommes arrivés dans cette ville un midi. On se trouve un petit restau sympa. En général, on vise ceux où les ouvriers vont durant leur pause du midi. En l’occurrence, on était sur un menu a 13€ pour un primo, un secondo, contorno (à savoir : entrée de féculents, plat principal, accompagnement), eau et café. Qui dit mieux, en plus on s’est régalé. On patiente donc jusqu’à 15 heures pour rentrer dans notre petit appartement de location. Bim coïncidence, le proprio n’est ni plus ni moins que le patron du restaurant. Comme on est des gros crevards, on se dit pour le dernier jour, on va y retourner. Avec un peu de chance, il va nous offrir l’apéro. Et ben, non seulement il nous a offert l’apéro, mais il nous a offert carrément tout le repas. C’est pas énorme ça… ? L’hospitalité italienne est quand même incroyable.
Une journée de pluie durant ce stop a bien rafraichi l’atmosphère. Depuis lors, on sent comme une ambiance automnale, de par les couleurs des paysages bien sûr, mais surtout le matin, on part avec un pantalon et des manches longues qu’on garde pendant une heure. Les nuits sous tente risquent maintenant de se faire rare. La dernière fois, nous avons mangé nos pâtes fraîches à 17h. A 17h30 on était dans la tente pour se protéger des moustiques et ça caillait un peu quand même. Réveil le lendemain à 7h, quand le soleil se lève, ça fait déjà un bon gros dodo. Le changement d’heure approche, ça ne va pas améliorer la situation.
Dimanche 8h05
Pierrot : Moi j’aime pas quand mes crottes se terminent comme une glace italienne.
J’ai un peu de mal à reprendre après les jours de repos. Les tendons derrière le talon et autour de la cheville sont hyper douloureux. J’ai l’impression d’avoir des fourmis dans les pieds, que mes godasses font du 38 alors que je fais du 41. Même les bains d’eau froide n’améliorent pas la situation. Depuis le début, nous en sommes au troisième tube de Flector ou Voltarène.
En tout cas notre route nous mène au coeur de la Toscane. C’est vraiment très chouette et correspond aux clichés qu’on peut s’en faire. Des collines sous le soleil, des magnifiques maisons isolées, les cyprès qui se dessinent sur la ligne d’horizon, des oliviers et des vignes à perte de vue, l’odeur du romarin. Par contre ici aussi, qui dit automne dit chasse. Ça tire dans tous les sens. On va partir du principe que les sentiers de la Via Francigena sont épargnés. On découvre quelques perles de la Toscane que sont Gambassi Terme :
San Gimignano :
Colle di Val d’Elsa :
Monteriggioni :
C’est clairement les plus belles étapes de la Via Francigena (avec celles du Val d’Aoste), avec très peu de routes, un relief pas trop marqué mais assez pour que ça soit beau, un patrimoine très riche.
Concernant l’étape de Monterrigioni, nous n’avons pas réussi à avoir des places en accueil pèlerins et le village est tellement touristique que les prix des hôtels nous font fuir. On s’était donc rabattu sur une chambre chez l’habitant à trois kilomètres de là. La réservation est confirmée tout va bien, quelques recommandations avant d’arriver, il faut prévoir son repas du soir car la maison est au milieu des bois, il faut passer par la cuisine du grand père pour accéder aux chambres mais il est interdit d’utiliser la cuisine. Ok, le principal est d’être prévenu à l’avance. Bon, on est quand même sur du 60 € sans le petit déjeuner. Bref, la veille de notre arrivée, à 18h, Pierrot envoie à la nana un message pour connaître l’heure possible d’arrivée. Elle répond presque instantanément que la fenêtre de la chambre est cassée et que malheureusement elle ne va pas pouvoir nous recevoir, qu’elle a bien été occupée avec cette histoire et qu’elle a complètement oublié de nous prévenir. Elle est mignonne… On recherche donc dans le bled encore suivant, youpi un bed and breakfast. Vu l’urgence, Pierrot décide d’appeler plutôt que d’envoyer un mail. En italien « Bonjour, je ne parle pas bien italien, parlez vous français ou anglais ? » « No ». Aïe, ça va être chaud. Toujours est il que l’abonnement à Babbel a plus qu’été utile sur ce coup là, Pierrot baragouine pendant quelques minutes. Donc pas de chambre disponible, mais il nous autorise à planter la tente chez lui avec un accès au wc. Bon ben voilà, royal. On se prépare donc à repasser une nuit très longue sous la tente avant d’arriver à Sienne où nous nous arrêterons quelques jours.
Ciao i divoratori di pellegrini !
Dans cet article, un contenu varié et hétéroclite ! Courtes interventions et texte un peu plus long, citations de vie quotidienne, déclinaison de blague, questionnement philosophico-quantique… Le tout oscillant entre catholique et scatologique (du scatholique somme toute).
Mais commençons tout de suite par le plat de résistance, esprit d’halloween oblige, un petit conte fantastique qui revisite le passage des Terr’Ailleurs du côté de Monteriggioni…
Le menu du Pélerin, où on apprend toute la vérité sur Abbadia Isola
750 kilomètres de marche dans les pattes. Les ampoules commençaient à avoir des histoires à raconter, et la Via Francigena, d’ordinaire si spirituelle, prenait ce jour-là des airs de long calvaire de goudron et de poussière.
Sur le papier, j’avais programmé notre étape à Abbadia Isola, sorte de village- abbaye, accueil pélerin, situé 2 ou 3 km avant Monteriggioni, un ancien monastère fortifié posé au milieu de nulle part. Mais pendant la nuit, j’ai eu ce que Stephen King appellerait le Shining – ou plus simplement, l’instinct du pélerin ( on est quand même des soldats de Dieu, non !?) Un signal d’alarme planté dans le bas du ventre.
— Béa, finalement, je change un peu le parcours, on ne dort pas là-bas. Je le sens pas. On pousse jusqu’à Monteriggioni.
C’est là que la machine à coïncidences s’est détraquée, comme si une force invisible voulait absolument nous rabattre vers ce foutu village. D’abord, les moines de Monteriggioni, contactés par mail pour une chambre au couvent, nous ont répondu avec une insistance assez étrange :
« Plus de place à Monteriggioni même, je vous garde une chambre à Abbadia Isola. C’est à peine à 3 km. Les pèlerins y sont comme des coqs en pâte… »
Autant vous dire que je n’ai pas donné suite…
Puis, il y a eu cette logeuse cinglée. Elle louait une piaule dans la maison de son grand-père, 3 km après Monteriggioni. Son profil était louche, ses messages limite décourageants ! Pas le droit de faire ci, pas le droit de faire ça, pas d’accès à la cuisine, on ne parle pas au grand-père, etc. Conciliant, j’ai dit d’accord à tout… Au bout du compte, elle a annulé notre réservation à la dernière minute. Son ultime mail disait juste : « Désolée un carreau est cassé, je ne peux pas vous accueillir. Allez à Abbadia Isola. Ils prennent soin des marcheurs. »
Une vraie cabale. Grave chelou…
J’ai finalement décidé de rallonger méchamment la sauce, de faire une demi étape de plus et de dormir sous la tente.
Quant à Abbadia Isola, on ne fera que le traverser.
Le piège s’est refermé visuellement quand on est entrés dans le village. L’atmosphère était lourde, poisseuse, digne d’un slip de randonneur porté quatre jours de suite. Autour de nous, les bois résonnaient de coups de feu lointains, secs, réguliers. Des chasseurs ? Peut-être. Mais le plus flippant, c’est qu’on n’avait pas croisé un seul pèlerin de la journée. Sur cette portion de la Francigena, c’était statistiquement impossible. Le chemin était désert. Purifié.
Au centre du village trônait une sinistre échoppe faisant office de bar, restaurant et station-service. Devant la porte, un colosse barbu au regard injecté de folie nous fixait. Un regard de dingo qui ne cillait pas, les doigts crispés sur un torchon sale.
— Buongiorno… a tenté Béa.
Le type a grogné, pointant du doigt une pile de panini sous cloche. L’odeur de la viande qui en s’échappait avait quelque chose de trop doux, de presque écœurant. L’instinct, encore lui, nous a crié de ne toucher à rien. On a poliment refusé l’empoisonnement au rabais et on a pressé le pas, sentant ses yeux fous brûler nos sacs à dos.
En sortant de ce village de consanguins, on est passés devant une ardoise défraîchie. Elle annonçait fièrement : « MENU DU PÉLERIN ».
Sur le coup, on a souri nerveusement de notre paranoïa. Ce n’est que bien plus tard, attablés en sécurité à Monteriggioni, qu’on a compris le sens littéral de cette formule. En discutant avec un vieux du coin, on a appris la vérité sur la piété d’Abbadia Isola. Les pèlerins n’y achetaient pas le menu. Ils le composaient.
Dans les cuisines de l’abbaye, la chair des marcheurs solitaires finissait mijotée de longues heures pour devenir le fameux ragù local. Quant à leur graisse… elle était soigneusement récupérée par les villageois attardés pour couler les cierges de l’église, afin que les disparus continuent de l’éclairer.
On venait de faire 750 bornes à pied, et on avait bien failli finir en sauce et en bougie. La prochaine fois que je vois un « Menu du Pélerin », je me barre en courant.
Hé hé hé hé ! Joyeux Halloween !!!
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Déclinaisons de blague
Pour surfer sur l’immense succès de la blague de la Pute morte, je décline, je décline… (merci de ne pas relever la polysémie).
Vous connaissez la différence entre un soutien-gorge et une petite culotte qui sent la pisse ?
…
…
Béa ne porte pas de soutien-gorge !
Ha ha ha ! Drôle non ?!
J’ai hésité avec la chute :
Je n’ai pas de soutien-gorge dans mon garage !
Drôle aussi 🤡 ! Mais moins accessible et moins proche du réel…
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Plus sérieusement : la Pute de Schrödinger
Si une pute est enfermée dans un garage contenant un dispositif comprenant un atome radioactif, un détecteur de radiation (compteur Geiger) et une fiole de poison.
Au bout d’un certain temps, l’atome a 50 % de chances de se désintégrer et 50 % de ne pas le faire.
Si l’atome se désintègre, le détecteur l’enregistre, brise la fiole de poison et la pute meurt. S’il ne se désintègre pas, la pute reste vivante.
Doit-on considérer que, dans son garage, Schrödinger a :
– Une pute vivante ?
– Une pute morte ?
– Une Ferrari ?
Vous avez trois heures.
Qu’est-ce que vous avez de la chatte d’avoir un blog si instructif pour vous faire progresser en philosophie ET en physique quantique !!!
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Plus sérieusement (si, si, pour de vrai cette fois…) :
Les choses inattendues en Italie
1. Napoléon Bonaparte
Beaucoup de villes et bourgs italiens ont une rue ou une place Napoléon ! Presque autant que pour Garibaldi…
Pour en avoir discuté avec une paire d’Italiens, Napoléon, ici, contrairement à de nombreux pays européens, est très bien perçu. Il est souvent considéré comme un héros de la liberté venu abolir les privilèges féodaux et exporter les idéaux de la Révolution française.
2. Bella Ciao
À l’inverse, la chanson Bella Ciao (que j’avais bossé, chant et gratte, au point d’en rendre Yves Montand pathétique) est très « malaisante » pour beaucoup d’italiens. Elle est vue comme clivante, politisée et exclusive. Un peu comme la discussion politique qu’il faut absolument éviter dans une fête de famille.
3. Les blagues de Ferrari
Clairement non acceptés par une Italie encore très « médiévale » et réactionnaire pour tout ce qui concerne l’Humour.
Voilà voilà voilà ! Étonnant non !?
Le jeu du Kikoralwilestravièrje
Au niveau des scores, RAF (performant sur le dernier message) et Chandoux sont au coude à coude. Non, encore plus proches, plutôt au couille à couille.
Effectivement, être au coude à coude implique une distance d’au moins 30 cm :
Alors que d’une couille à l’autre, on excède rarement les 3 cm (lesdits appendices devant appartenir au même individu) :
Les soluces :
1. À quoi sert cette ficelle à gigot accrochée dans la douche ?
C’est une alarme. Si vous me payez un coup à boire, je vous raconterai comment, un jour, j’ai tiré 2 fois sur cette sonnette, affolé et fait courir notre vieille logeuse…
2. Dans notre gîte de Pontremoli que ne pouvait-on PAS trouver :
a. un grille pain
b. un four à micro-ondes
c. une bouilloire électrique
d. de fortes odeurs d’égout
Piège !!! Il n’y avait rien de tout cela, SAUF les odeurs d’égout !
3. Dans notre gîte de Pontremoli, il y avait toutes ces merveilles sauf une. Laquelle ?
Fausse fleur et cafetière bien sûr.
4. Au vu de ces photos, à côté de quelle ville est-on passé ? Le marbre de Carrara, évidemment !
5. Un modèle de voiture est ultra présent en Italie.
Comme donné par Raf, la Fiat Panda, mais pas majoritairement la vieille 34. Plutôt des Panda très récentes, assez jolies et efficaces. Fiat s’étant énormément amélioré sur ces 15 dernières années.
Images :
Les devinettes du jour
1. Nous en avions deux au départ, principalement à l’usage des pieds. Nous venons aujourd’hui même d’acheter les 8ème et 9ème (26€ les deux). De quoi s’agit-il ?
2. Nous nous arrêtons régulièrement dans des bars. À votre avis, quelle est la commande la plus souvent passée ? (Soyez précis !)





























































Salut les amis
Toujours aussi beau ce périple. Par contre c’est chiant, y a toujours le même mec sur les photos avec un big sac à dos et une tête de vendeur de fromage de chèvre, du coup il masque un peu le paysage ! Mais bon…
Réponse 1: de la crème pour les yeps ?
Réponse 2: un chianti
Labiz
Nous on retourne en Bulgarie
Les réponses au prochain numéro… Prenez bien des notes sur la bike-compatibilité de la Bulgarie… Il n’est pas impossible que cela se fasse un jour !
Béa porte une culotte ??!
Pas à s’t’heure…
C est vrai qu on n a pas de photo de pieds ! Sûrement grâce à :
1 Flextor ou Voltarene (le pot de miel aurait été amorti depuis longtemps mais bon… quand on est têtu…)
Pas de photo non plus d apéro ? C est presque inquiétant. Donc je vais encore une fois piquer la bonne réponse :
2 Chianti. Mais pour préserver une distance sociale >3 cm je précise « no classico » (facile, le Classico est plus cher)
Je vous biz mes terrailloux. Merci de nous faire voyager, on en a bien besoin…
Hé hé ! Merci de ton soutien Chanchan !
Pour en finir une bonne fois pour toute avec cette affaire de miel… La science est mon dieu, le remède de grand-mère mon Antéchrist ! Et la science me dit que :
des restrictions strictes s’appliquent selon l’état de la peau et le type de miel utilisé. En l’occurrence, le miel « de cuisine » est strictement interdit sur les plaies (comme celles laissées par des ampoules). Sévère risque d’infection.
Quant au miel médical (introuvable, cela dit en passant), il ne sert absolument à rien pour les douleurs musculaires et tendineuses qui nous concernent principalement…
Laudatus sis, Deus scientiae ! Amen…
Bibiz 😉
Par contre, on va pas se plaindre, on a échappé à la photo de la crotte en forme de glace italienne…
Pas d accord avec ta grand mère, mais pas grave !
Profitez bien de votre repos les ampoules en éventail
😚
Coucou
Du talc qui sent bon ou de la crème hydratante
Pour la 2 ème ça sent le piège
Eau, pizza …
Merci pour toutes ces belles photos et cette vilaine nouvelle d’halloween
Bisous 😘
Hello, moi j’ai adoré les récits d’Halloween 🤣 réponse 1 : paire de chaussettes réponse 2 un expresso 😎 les photos sont magnifiques et tu ne nous apprends rien on savait déjà que Béa ne porte jamais de soutif😁