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Packwood

 

18/07/2013 : Packwood

Ca y est nous avons trouvé notre rythme, nos muscles commencent à s’habituer à grimper et on sollicite de moins en moins souvent le petit plateau. Nous avons franchi deux nouveaux cols, le Blewett Pass et le White Pass. La route traverse des paysages faisant penser un peu aux Alpes pour continuer quelques kilomètres plus loin dans une vallée aride faisant plus penser au far west. Nous avons passé aujourd’hui le Mont Rainier sous un soleil de plomb.

Quelques vidéos pour vous donner un aperçu.

Les cols franchis, bien que difficiles (45 km sans replat pour le Blewett…) sont plus conformes à mes attentes initiales que l’affreux Washington Pass ! A savoir des rampes à 3 % de moyenne avec quelques passages à 6 ou 7 %. Ouf ! Ça va mieux !

La région est très sèche et les gens du coin irriguent à tout va que ça soit leur jardin, les pâtures pour les chevaux ou les vergers. Ça nous permet d’ailleurs de profiter régulièrement de fruits frais qui sont vendus dans des petites échoppes le long des routes (abricots, pêches, cerises, pommes …).

Les villes que nous traversons sont en général de moins de 1000 habitants. L’ambiance est un peu glauque et l’activité se concentre en général autour d’une station-service qui fait office également d’épicerie. Jusque-là nous avons toujours réussi à nous nourrir même si il est vrai, les menus ne sont pas très variés. Nous nous accommodons de Jerky (viande séchée), de beans, de pâtes, de nouilles chinoises.

À noter : éviter tous les produits déjà préparés et se concentrer sur les « produits premiers ».

Ce soir, nous nous arrêtons à Packwood pour bénéficier d’une journée de repos, la première depuis le départ !! Cela fait effectivement trois jours, que nous nous arrêtons dans des « campings » plus que spartiates. Celui d’hier n’offrait qu’un WC sec, il nous a fallu filtrer l’eau à la rivière pour boire et s’y décrasser un minimum. Autant dire que l’odeur dans la tente commençait à devenir limite supportable. Cependant, nous y sommes le plus souvent presque seuls et les sites sont exceptionnels. Ce soir, alors que nous sirotons une bière au camping (avec douches et laverie, le grand luxe), nous avons vu à une cinquantaine de mètres de notre tente, un élan en train de brouter tranquillement. A noter que le camping est au cœur de la ville.

L’hospitalité des gens est assez incroyable. On ne compte plus les coucous des automobilistes et motards sur leur Harley et les « Welcome in America ». Dans un camping, l’un nous a offert un soda, l’autre des cocktails fait maison. Un gars nous a proposé sa boîte à outils si on avait besoin de réparer les vélos, puis nous a invité à partager son barbecue. Merde !!! On venait de finir de manger, c’était l’occasion de remplir le challenge de Fabienne. Aujourd’hui, à 5 kilomètres du White Pass, un gars qui promenait son chien, nous a offert une banane. Une bénédiction ! Bizarre d’ailleurs de se balader avec une banane dans les poches. Au camping, un couple nous a offert de la lessive pour laver tout notre linge (ce n’est pas du luxe).

À tous ces gens, afin de porter bien haut le drapeau français, je ne dis pas merci, bien sûr, mais chaque fois qu’on nous offre quelque chose je déclare fièrement :

“ It’s normal, I’m French, remember Lafayette ! Fucking asshole ! “

Sur la forme, maintenant, remarquez que je ne prends plus la peine de signer chaque fois que l’on change de locuteur. Je suppose que fidèles et intelligents comme sont les lecteurs de ce blôgue, vous avez compris en découvrant le précédent post, à qui correspond l’écriture bleue, italique, rigolote et décontractée et à qui correspond la stricte écriture noire comptable… En outre, ceux qui nous connaissent peuvent reconnaître celui qui écrit au « ton ». Quand je parle du « ton », je ne veux pas dire : ton, le tien, mais au contraire, le mien de ton… Voilà un exemple qui joint la forme au fond, vous m’aurez bien sûr reconnu à mon ton son.

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