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Deux jours, trois nuits à Piacenza. Paaaarfait. A cette heure, c’est clairement ma ville préférée. La vieille ville est magnifique et comme d’habitude, on sent comme une quiétude généralisée dans les rues ou en terrasse. J’adore. On en profite également pour résoudre quelques problèmes techniques, comme mes semelles de chaussures qui se décollent, mes pointes de bâtons qui arrivent en bout de course, et également on a fini notre stock de chocolat en poudre avec du lait incorporé dedans. Il suffit d’ajouter de l’eau, mettre de l’avoine, et c’est parti pour un petit déj des costauds. Impossible de trouver ce produit, ni de lait en poudre d’ailleurs . Dans les rayons des supermarchés, il y a du café de toutes sortes, par contre chocolat en poudre, on sent bien que ce n’est pas leur truc. On a donc acheté un vieux pot de Nesquik et du lait infantile. Pour avoir goûté, je ne sais pas si c’est la meilleure idée qui soit. Mais bon, ça nous évitera de manger notre avoine avec de l’eau chaude.
On arrive ENFIN à Fidenza. On quitte enfin cette interminable plaine du Pô. Ça fait maintenant 4 semaines qu’on marche et on a 400km sous les semelles. Cap au sud, direction les montagnes. L’impression qu’un nouveau chapitre s’ouvre. On va enfin pouvoir se plaindre d’autres choses que de la chaleur et des mouches. A nous les « ça grimpe trop raide » « il y a trop de cailloux dans les descentes » « on trouve pas d’eau ». Mais c’est pourtant vrai qu’on est cons.
Toujours est il que Fidenza est encore une très chouette ville comme on les aime. Petite vidéo quand les italiens s’ambiancent le samedi soir.
Les Bretons n’ont qu’à bien se tenir…
Nous voilà donc grimpant les pentes des Appenins. C’est sport mais c’est quand même bien plus beau. En altitude on finit par avoir des réveils frisquet avec 10° au petit dej. C’est clairement la montagne, et donc il est préférable de bien préparer les étapes et anticiper l’approvisionnement en bouffe. Pour l’eau, ça ne pose en général aucun problème. Il y a une fontaine publique d’eau potable dans quasi tous les villages ou a minima au cimetière.
Petit point très important, le point bouffe. Tout d’abord les pizzas, ou plus exactement les pizze. Il y en a partout, toujours très bonnes, parfois excellentes, rarement moyennes. Pour vous donner un ordre d’idée, la Margarita est à 5€ et les classiques qu’on peut trouver en France sont autour de 8 ou 9 €. Autant dire qu’on en mange pas mal.
La Foccacia. Pâte à pizza dans laquelle on met pas mal d’huile d’olive avant cuisson, épaisse de 2 ou 3 cm. Ça nous sert de bonne base pour le repas du midi, même si c’est un peu gras quand même.
LA découverte de ce voyage, le guanciale. C’est de la joue de porc. Pierrot a découvert ça sur une pizza et s’est empressé d’en faire ensuite avec des patates. En tranches très fines, a faire griller en cuisson a froid pour que le gras fonde doucement. Rhhhaaa, c’est terrible.
Le repas au restaurant est composé d’antipasti (équivaut à nos entrées), primi (plat de glucides donc des pâtes ou des gnocchis), secondi (protéines donc viande ou poisson) et son contorni (l’accompagnement légumes, patates), et le dessert (tiramisu, panacotta, crème brûlée, glaces). Bref pour s’envoyer un menu complet, vaut mieux être arrivé à l’étape quand même. En général on se contente d’un primi et d’un dessert, et c’est parfait.
Passo de la Cisa 1040 m d’altitude. Rien dans le secteur hormis un petit bar qui nous sert pendant quelques heures de refuge en attendant de planter la tente. La tempête se lève, on s’abrite comme on peut derrière le mur de l’église. C’est assez impressionnant mais au moins ça nous garantie aucun visiteur dans le secteur. 18h30 on a déjà mangé nos deux sandwichs achetés au bar, la météo annonce 11°, rien d’autre à faire que de dormir. En pleine nuit j’entends un gros truc qui s’écrase à quelques mètres de la tente suivi de cris d’oiseau. Merde !!! Un nid a dû tomber avec la tempête. Je réfléchis à la conduite à tenir. Pooouuuhhh, faut que je sorte de mon bon gros sac de couchage où il fait bien chaud, que je remette mon slip sale, que je mette mes pompes de rando pieds nus, que je cherche le nid à la lumière de mon téléphone. Bon, en admettant que je le trouve, je fais quoi ? Je ne peux pas mettre la bestiole dans mon sac de couchage, j’y suis déjà…. Le seul truc que je peux lui proposer, c’est une boîte de thon. Mouais… Pas terrible. Et j’ai dû me rendormir à ce moment là. Réveil le lendemain à 7h. Et oui, un tour d’horloge. C’est qu’on en a besoin … Je sors mon museau de la tente, ce n’est pas du tout un nid qui est tombé à deux mètres de la tente, mais le panneau d’infos touristiques qui est tombé à 30 mètres. Aaaaahhhh, le pouvoir des bruits de la nuit et leurs facultés à nous faire imaginer des trucs bizarres.
Descente de 1300 mètres dans la journée, interminable et très éprouvante physiquement pour rejoindre Pontremoli où nous prendrons deux jours de repos.
Ciao les Cazetti mosci !
Au programme du jour :
- Un proverbe, pour votre érudition (car, comme nous le rappelait Maître Desproges : « la culture, c’est comme un parachute, quand on n’en a pas, on s’écrase »)
- Un petit questionnement philosophique (car, comme nous le rappelait Platon : « la pensée est un dialogue de l’âme avec elle-même »)
- Une relecture simplifiéede l’écriture noire sur les 2 jours Passo della Cesa – Pontremoli (car, comme nous le rappelait Einstein : « N’importe quel type intelligent peut faire les choses plus compliquées. Mais il faut du génie pour faire plus simple »)
- Deux petits dessins d’humour – sans Béa qui fait sa faignasse (car, comme nous le rappelait Frédéric Pajak : « Le dessin d’humour est un art très difficile, proche de l’aphorisme »)
Le proverbe
À trop partir trois mois ou d’avantage…
De bras droit du chef, tu deviens femme de ménage.
Le questionnement philosophique
Laver son slip dans un bénitier, est-ce :
- un manque de respect ?
- une forme d’hommage ?
- un juste retour des choses ?
Passo della Cisa – Pontremoli : Quand les jambes disent « Non, mais oh ! »
Le Passo della Cisa, ou l’art de se sentir minuscule
Nous y voilà. 1 041 mètres d’altitude, le Passo della Cisa. Un col. Un vrai. Pas une de ces petites bosses que Béa appelle « montées » pour me faire croire que je suis un athlète. Non, là, c’est du sérieux. Le vent souffle comme s’il avait un compte à régler avec nous. Les nuages, bas, collent aux crêtes comme des ados à leur téléphone. Et nous, on est là, plantés comme deux clous rouillés, à se demander si on n’a pas un peu trop abusé de l’avoine au lait infantile (pour 3/4 ans) ce matin.
- Allez, Pierrot, on monte la tente avant que le ciel ne nous tombe sur la tête !
- Ouais, ouais… Mais attends, je dois d’abord vérifier si mes pieds sont toujours disponibles pour planter les piquets.
On plante la tente. Enfin, on *essaye*. Le vent, lui, a décidé que ce serait un excellent jeu de nous faire regretter d’être nés. La toile claque comme un drapeau en pleine tempête… Riche idée de s’abriter derrière cette église. Dieu pardonnera sûrement à deux pauvres Pélerins comme nous… Même s’il s’agit d’un apostat et d’une athée…
La nuit : comment écouter la montagne nous rappeler que le Sauvage existe encore.
La nuit tombe. Et avec elle, le vent se déchaîne. Une tempête. Pas une brise, non, un vrai ouragan qui hurle comme un supporter de foot italien dont l’équipe vient de perdre 5-0. La tente tremble, plie un peu, mais pas plus que ça. On a connu tellement pire dans le désert du Nouveau Mexique ! Merci l’église !
Mais quand le vent tombe enfin, la nuit et la montagne se signalent d’une autre façon… Les bruits… Chocs sourds. Fouissements appuyés juste à côté de la tente. Hululements. Cris non identifiés : KRRRRRRRRR Kkkk Kkkk Kkkk ! Juste au dessus de la tente ? À côté ? Dans l’abside ? En tout cas, c’est fort… Où est-ce que j’ai déjà entendu ce cri ??? Ah oui ! Dans Jurassic Park ! Oh oh…
Le lendemain : la descente, ou l’art de danser avec la mort
Le réveil est… disons, difficile. Quand tu restes 14h de suite dans la tente, t’es un peu déboussolé.
Mais après un petit dej sans lait infantile (plutôt crever que de remettre ça dans ma bouche), on est fin prêt pour la journée de…
**la descente**
1 200 mètres de dénivelé négatif.
Sur le papier, ça a l’air cool.
« Oh, super, on va pouvoir se laisser glisser ! »
Erreur. D’abord, il y a le pourcentage. Un pourcentage qui défie les lois de la physique.Un pourcentage qui fait que, même en freinant comme un dingue, on a l’impression de dévaler une piste de luge olympique. Caillasses qui roulent, racines cachées sous les feuilles, roches qui s’effritent… Ambush ! Ambush ! It’s a trap !
Mes genoux ? En mode « Non, mais t’es sérieux, là ? »
Et soudain… Sans explication… Au bout d’un kilomètre, mes jambes refusent catégoriquement de coopérer. Elles tremblent. Elles flageolent. Elles me font comprendre, sans mots, que je suis un « traître » qui les a menées droit dans l’enfer.
- Béa, je crois que je vais mourir.
- Mais non, chouinard, tu ne vas pas mourir… Mais tu vas peut-être pleurer un peu.
- C’est déjà fait.
La concentration est absolue. Un faux pas, et c’est la chute. Une pierre qui roule sous le pied, et c’est le saut dans le vide. Ou pire : la honte éternelle : une entorse, et devoir prendre le bus, comme un Panardos… ARRRGGHHHHHH.
Et puis, miracle. Après des heures à descendre comme un sac de patates mal équilibré, on aperçoit Pontremoli. Une ville. Des maisons. Des gens qui marchent normalement. Pas en mode « robot en panne de batteries » comme moi.
L’arrivée est glorieuse. Enfin, glorieuse dans le sens où on est toujours en vie. Béa me regarde avec un sourire en coin, mais n’a pas l’air beaucoup plus en forme que moi.
- Alors, Béa, tu préfères être ici ou au Moulin ?
- Ferme-la tu veux…
On s’effondre dans notre appart de loc (fidèle reconstitution des années 70-80 chez une personne de plus de 60 ans, mais qui aurait décidé que l’homogénéité et la sobriété sont de graves fautes de goût…)
L’épuisement est total.
Mes jambes ? Elles ont fait grève.
Mon cerveau ? Il est en mode « veuillez ne plus déconner, s’il vous plaît ».
Mais on est là. À Pontremoli. Et à venir une bière bien fraîche, une bouteille de pif bianco, et quelques « ritaleries » charcutières et fromagères…
Moralité de l’histoire :
La montagne, c’est comme la vie : ça monte, ça descend, et parfois, ça te met une raclée. Mais au bout du compte, quand tu arrives en bas (ou en haut, ou où que ce soit), tu te dis : « Putain, c’était dur, ça fait mal, mais j’ai survécu, et je suis quand même mieux qu’au Moulin». Et c’est déjà une victoire.
Alors, merci, Passo della Cisa. Merci pour le vent, pour la descente, pour les jambes en compote. Merci de nous rappeler qu’on est vivants. Et surtout, merci à Béa, qui, une fois de plus, a été là. À me supporter. À me pousser. À rire à mes blagues quand on avait envie de pleurer.
Les prochaines étapes ? On verra bien. Mais une chose est sûre : si c’est encore pire, je me mets en mode Panardos ; bus ; Trenitalia ; Milan ; Paris ; Reims ; Rethel ; Signy-l’Abbaye ; ahhhh ! Le Moulin ! Qu’est-ce qu’on y est bien ! Qu’est-ce que c’est reposant pour les jambes ! Et qu’est-ce qu’on est bien pay…. Euh… Bon… Voilà quoi…
Les dessins
Ouais, moi aussi j’aurais préféré avoir ma dessinatrice habituelle, la célèbre DK… Mais Mâââdame fait sa star :
– Nianiania je suis fatiguée
– Nianiania compte pas sur moi pour ce gag
– Nianiania j’ai pas l’temps
Etc. Etc. Bref, audaces fortuna juvat, mais memento mori, j’ai dû me débrouiller seul…
Le premier dessin est une pompe d’un dessin vu dans un hébergement chez de vrais Frères Capucins. Le texte, dit par les deux Vieilles, et traduit par mes soins (tout le monde n’est pas si fin linguiste que votre serviteur) donne ceci (je ne garde en italien que le mot Capucin – cappuccino au singulier/ cappucini au pluriel, sans quoi le gag tombe à l’eau) :
– Qui sont ces hommes ?
– Eux ? Ce sont des Frères cappucini.
– Et celui de droite ?
– Ah lui, c’est un cappuccino décaféiné !
Les Franciscains sont décidément les plus fréquentables des religieux…
Le second est un bon mot, gras comme une tranche de guanciale et vulgaire comme un discours du RN…
Il ne faut pas confondre :
1. Le roi du seau d’eau
2. Le roi de la sodo
Pouet !
Le jeu du Kikoralachocètekipulamor
Les soluces :
1. Comment s’appelle ce végétal ? C’était le Raisin d’Amérique.
Généralement trouvé… Merci l’IA !
2. Quel est le rapport entre le célèbre constructeur italien Fiat, et la tristement célèbre Vieille Salope ? Presque un point pour Marie F-R (qui ne signifie pas Front Républicain), c’est moche, ok, mais un modèle spécifique : la Fiat Multipla. Or, en italien, sclérose en plaques se dit : sclerosi multipla !
Étonnant non !?
Les nouvelles devinettes :
- Allez, on revient vers le végétal, mais s’il vous plaît, place à l’imagination ! Faites travailler l’hypothético-déductif ! Laissez dormir Skynet (re-voyez Terminator…) et dites moi quoi que c’est donc que ça ?
- On a toujours, lors de nos voyages, une petite expression « running gag » (qui ne fait rire que nous) qui revient comme une ritournelle, plusieurs fois par jour. Tirée d’un livre, d’un film, d’une chanson, ou d’on ne sait où, ce leitmotiv, tout saoulant qu’il soit ne nous lâche pas du voyage. Sauras-tu retrouver l’origine des 2 expressions qui nous accompagnèrent en 2021, et cette année ?
2.a En 2021, quand l’un posait une question, l’autre répondait :
- Je ne sais pas (voix grave, virile et mystérieuse)
Ce à quoi le premier répondait à son tour :
- Menteur ! (Voix féminine et aristocratique à l’outrance )
Ça vient d’où ?
2.b Cette année, le leitmotiv vient d’une chanson d’un prénommé Thomas (je vous aide)… Quand on me demande de faire quelque chose, je réponds systématiquement en chantant :
- Je suis pas là pour […faire la chose demandée…]
Ex :
Je suis pas là pour nettoyer ta tasse
(Dans cet exemple, le nombre de pieds est fidèle à la chanson originale).
Ça vient de quelle chanson ?
Challenges :
Niente






















































Ah ah ah, citer plusieurs fois le mot magique « Panardos » afin d’améliorer le référencement de votre blog, c’est bien vu !
Ah oui ! Mince ! Je comprends la méprise ! Non… On ne parle pas des Panardos, de sinistre mémoire… Mais en italien, « cool » se dit « nardos » ! Donc, quand on veut parler de quelque chose de « PAS cool », on dit…….
Vous êtes si forts les amis. Nous nous délectons chaque jour des alertes Polar steps qui nous rappellent combien nous vous admirons. Tout autant des articles qui en donnent les didascalies. We’re watching you! Bisous 😘
Sur les vidéos je ne vois pas Pierrot…
Par contre je vois toujours son même caleçon
Donc mes réponses aux devinettes :
– laver son unique caleçon dans un bénitier = une marque de respect pour sa grenouille préférée
– la plante sans IA (On nous a repérés…) : l arbre à pain ou cœur de tournesol. Ben oui, sans IA c est chaud…
– Mon ami Google a trouvé Evelyne Thomas « Je ne suis pas venue là pour souffrir »… Ca doit pas être ça…
En tout cas, merci de nous partager vos souffrances qui pimentent notre quotidien planplan et bravo à la résistance de votre tente.
Profitez bien de cette belle étape pour vous recharger a bloc car… on lache rien !
Biz
Alors alors ! C’est méritoire tout ça ! Mais non… De plus le questionnement philosophique n’est pas une vraie devinette… C’est un petit exercice littéraire. En outre il est normal que tu me vois toujours avec le même slip vu que les photos ont été prises la même semaine… 😁
Bon.. l ia me dit que j ai faux pour le fruit. J espère me rattraper avec le bénitier…
Alors non mon Pierrot, nous ne sommes pas dupes ! Faut arrêter de gainer à ce point quand tu pauses en photo en caleçon douteux. A cet âge tu ne te mens plus qu’à toi même !
Bon c’est as tout, ce soir y a l’amour est dans le pré donc je fais vite !
Le fruit, tous les hommes en ont une proéminente dans la gorge.
Hé hé hé… Pas besoin de gainer. Un litre d’eau fraîche sur le torse et c’est automatique !
Devinette : un coup dans l’eau.
Bibiz running man
Poses……