Aller au contenu

2014 – Véloscénie

08/11/2014

Après des mois d’absence, les Terr’Ailleurs sont enfin de retour. Nous aurions aimé vous donner plus tôt de nos nouvelles, mais notre blog a été piraté ; page blanche pendant cinq mois. Après des heures de prise de tête sur l’ordinateur pour finir finalement par recourir aux services d’un professionnel, voici enfin le voyage du mois de juillet 2014. Oui, je sais, ça fait un peu réchauffé. Nous en avons profité pour changer la présentation du site. Il peut maintenant recevoir les journaux de bord de nos voyages vélocipédiques passés et à venir.

Le projet de cet été 2014 fut un peu plus modeste, mais toujours à vélos couchés. Objectif du jour, relier Signy l’Abbaye (chez nous, quoi) au Mont St Michel, en suivant la Veloscénie. Mais qu’est-ce donc que la Veloscénie me direz-vous. Et bien c’est un parcours cycliste privilégiant les voies vertes et les routes avec très peu de circulation qui relie Paris au Mont St Michel.

Comme on n’a pas écrit de journal de bord durant le voyage et que depuis trois mois, on a un peu dormi dessus, on va donc aller à l’essentiel et n’évoquer que les moments remarquables en vous faisant grâce des conditions météorologiques.

Rencontre imprévue avec « les Chefs » et une soirée bien sympa à refaire le monde

Septmont

Longpont

Chantilly

Chantilly, en plus d’être la ville de la crème du même nom et d’avoir un château rempli de Japonais, c’est aussi la ville des Panardos. Pour rappel, Fred et Ophélie sont partis l’année dernière à vélos couchés pour rouler aux États-Unis et en Amérique du Sud. Ça ne vous rappelle rien. On s’était rencontré via un forum de vélocouchistes lors de la préparation de nos voyages respectifs. Nous n’avons jamais réussi à nous croiser durant les six mois même si régulièrement nous sommes passés aux mêmes endroits. On s’est vanné régulièrement pendant des mois par blogs interposés et là, c’est enfin la confrontation ultime. Terr’Ailleurs vs Partir les pieds devant (ouais, je sais c’est un peu long, c’est pour ça qu’on les appelle les Panardos). On passe donc une soirée bien sympa tous les quatre et on vous laisse deviner quel était notre sujet de conversation privilégié.

Château de Maintenon, enfin on était censé le voir, mais une erreur d’orientation nous aura fait prendre une mauvaise route et on a eu la flemme de faire demi-tour. Du coup, on a juste vu l’ancien viaduc. Toujours aussi cons ces Terr’Ailleurs.

Quelques images du début du voyage, avec entre autres, Chartres, et l’église de Meslay le Grenet dans laquelle était peinte une danse macabre :

La maison de la Tatie de Proust :

Le château de Fraze (remarquez le nouveau vélo de Pierrot, guidon dessous) :

Le château de Nogent le Rotrou, et celui de Carrouge :

Domfront, qu’on a adoré : 

À noter, la rencontre avec la famille Vallet, mais comme on est des grosses quiches, on n’a pas pris de photos puisque l’appareil était resté au camping.

Puis l’arrivée sur le Mont St Michel (classe) :

Nous avons ensuite pris le train du Mt St Michel jusque Bayeux, en privilégiant le culturel au sportif. C’est bien aussi.

On verra bien sûr la Tapisserie… (Notez le détail de la tapisserie. Quelle gourgandine cette Reine Mathilde…)

Direction Arromanches :

Pour finir, nous reprenons le train de Caen jusque St Quentin pour rentrer à Signy à vélo.

Dans l’ensemble on a apprécié durant ce voyage :

  • Le réseau tentaculaires des petites routes départementales françaises permettant de rouler la plupart du temps en sécurité.
  • Trouver quotidiennement des boulangeries pour le casse-dalle du midi
  • Pouvoir facilement varier les menus et se faire des petits restaus sympas
  • La quantité de monuments à découvrir
  • Trouver régulièrement des campings et se laver tous les jours

Pourtant, nous sommes un tantinet mitigé quant à ce voyage. Nous sommes partis quatre mois après notre retour en France, et c’est vrai que tout nous paraissait un peu fadouille. Il faut dire que les jours de pluie et la traversée de la Beauce n’ont pas aidé.

Personnellement, je crois aussi que je n’avais plus envie de « me faire mal », plus envie de pédaler tous les jours, de dormir sur un tapis de sol. Durant ces trois semaines, la sclérose de Pierrot s’est faite bien présente. Du coup, il y a eu des moments assez difficile.

En rentrant, nous avons compris qu’il nous fallait du temps pour digérer tout ça et retrouver un équilibre dans le quotidien. Que même si nous refaisons un autre voyage, nous ne retrouverons pas forcément l’intensité que nous avons connu dans le premier.
À ce jour, c’est-à-dire trois mois après, l’envie de repartir commence à nous chatouiller et que pour faire la nique à la sclérose en plaque, on pense à passer par l’assistance électrique.

À suivre donc, pour l’été 2015, les Terr’Ailleurs en vélos couchés électriques.

(Spoiler : cela ne se fera jamais… Le système « roue avant motorisée » ne nous a jamais convaincu, et tout ça a été revendu vite fait, bien fait…)

 

Article Véloscénie
Partie intéressante et drôle

Salut Lecteurs ! Oui, je sais… j’imagine sans peine votre réaction quand, tout en bas de la page, après l’interminable et pesante narration de Béa, vous avez aperçu ces quelques phrases en bleu ! Bien sûr ! Il est très facile d’imaginer la liesse qui s’empara de vous quand ce merveilleux espoir de jouissance littéraire fut confirmé au fur et à mesure que la page défilait vers le bas… Cela devait donner à peu près ceci :

Eh bien stop ! Je vous arrête tout de suite ! Calmez-vous ! Un peu de décence s’il vous plait !
Alors d’abord, et d’une, je vous demanderai un peu plus de respect envers le magnifique travail de ma douce épouse sans qui ce blôgue n’existerait même pas… et d’une ! Comprenez bien que vos manifestations de joie spontanées sont un peu blessantes pour elle, qui se décarcasse pour vous narrer nos aventures, le plus fidèlement possible malgré sa notable absence de verve…
Ensuite, et de deux, je n’ai pas grand-chose d’intéressant à ajouter à son post… et de deux !
Voilà, voilà…
Alors !? Bien les boules, hein ! On dénigre moins maintenant ! Paf !
Voilà, voilà…
À moins que…
Ah oui ! Si… peut-être une ou deux anecdotes… Mais bon, rien de transcendant (comme dirait notre président), pas de quoi sauter au plafond… Bon. Je vous les mets quand même ? Allez, c’est bien pour vous faire plaisir.



Vélo couché et escalator (où l’on apprend qu’un organe de sécurité n’assure pas forcément la sécurité de la dignité…)

Cette scène se passe durant notre transfert en train, de Caen à St Quentin. Nous devions en effet changer de train deux ou trois fois. Or, était-ce à Rouen, était-ce à Amiens, je ne saurai le dire, l’un de ces changement nous imposa, pour passer d’un quai à un autre en moins de dix minutes, de prendre un escalator… Enlever les sacoches, les monter, et ensuite, transporter les vélos ? Impossible ! Pas le temps ! Tant pis, on y va comme ça, on n’enlève pas les sacoches ! Ouais, c’est lourd ! Mais on peut le faire ! Allez…

 

Passons en caméra subjective pour voir les choses de mon point de vue :

– Regarde bien, Béa ! J’y vais le premier ! J’engage le vélo sur l’escalier, je freine de la roue avant, j’essaie de maintenir l’équilibre… Ouahhhh ! La vache ! C’est chaud !
– Pouet !
– Fais gaffe ! C’est pas facile !
– Pouet !
– Ok, je suis presque en haut !
– Pouet !
– Attend-moi avant de t’engager ! Je vais venir t’aider, c’est trop chaud !
– Pouet !
– C’est bon, j’y suis ! Arrête de klaxonner comme une débile ! On est dans une gare, il y a plein de monde !
– Pouet !

Et là, quand je mets mon vélo sur sa béquille et que je me retourne… Horreur ! Je suis tétanisé devant le spectacle qui s’offre à moi ! Mon estomac se révulse, j’ai la tête qui tourne, c’est Bagdad, c’est Kaboul, c’est Téhéran, c’est Béa dans l’escalator ! La folle ! Elle ne m’a pas attendu ! ELLE S’EST ENGAGEE SEULE DANS L’ESCALATOR ! Autour de moi, tout le monde est livide… Trente personnes, attirées par les « pouets », regardent le spectacle. Affreux ! Je suis paralysé ! Impossible de m’approcher. Impossible de tourner la tête. Mes nerfs sont à vifs. J’hésite entre les larmes, le rire ou les imprécations au ciel.
Pouet ! Pouet ! Pouet ! Pouet !
Béa est là ! Au milieu de l’escalator… Son vélo couché sur le côté, tel un brave cheval de labour touché par un obus entre deux tranchées… Il tombe vers le bas de l’escalier… Recule de 40 cm… Puis est bloqué par les marches et remonte de 40 cm… Retombe… Remonte… Retombe… Remonte… Retombe… Remonte… Retombe… Remonte…
Horreur ! Et Béa ! Pauvre créature écorchée, qui refuse de le laisser partir… Qui est à genou, assise, allongée, dans l’escalator et qui tient son vélo par le guidon… Cette pauvre femme qui ne veut pas abandonner son ami à son sort et qui n’a réussi qu’à attraper les pédales pendant que le klaxon rebondit de marche en marche…
Pouet ! Pouet ! Pouet ! Pouet !

Cette image restera à jamais gravée dans ma mémoire… L’escalator… Sale guerre.

 


Fin d’un beau rêve (où l’on apprend que, comme le bonhomme, le vélo couché n’est pas franchement increvable…)

Une toute petit brève pour conclure. À 30 ou 35 bornes de chez nous, à la toute fin de ce mini périple, un chemin fraîchement élagué et bordé d’épineux a eu raison de ma période de 13 000 km sans crevaison…
J’y suis resté.

Memento mori. Carpe diem.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *